Le ministère de la Justice accuse les magistrats grévistes de « rébellion

Le directeur général des affaires judiciaire et juridique au ministère de la Justice, Abdelhafid Djarir, a estimé ce dimanche que la grève déclenchée par les magistrats constitue une « désobéissance » et une « rébellion ».

« Est-ce qu’on peut qualifier ce qui se passe actuellement sur le terrain de mouvement de grève ? Nous ne sommes pas dans le mouvement de grève. La grève obéit à une procédure, il y a un service minimum », s’est interrogé Abdelhafid Djarir dans un entretien accordé à la radio nationale francophone.

« Personnellement, je ne pense pas que nous sommes dans un cadre de grève. Nous sommes dans la rébellion. Nous sommes dans la désobéissance. C’est dommage que les magistrats, qui sont garants de la législation et du respect des lois de la République, agissent de la sorte. Nous sommes censés respecter la loi », a estimé le directeur général des affaires judiciaire et juridique au ministère de la Justice.

« Nous comprenons l’exercice du droit syndical. Mais pourquoi aller vers cette rupture, cette paralysie du service public de la justice ? Qu’est-ce qu’il a fait le citoyen pour être doublement victime ? Vous imaginez certains citoyens qui sont déjà victimes d’infractions sur le plan pénal et qui sont encore victimes de ne pas réparer leurs préjudices et de ne pas voir leurs dossiers aboutir ? », s’est interrogé M. Djarir.

« La justice est un service public. Nous accueillons des justiciables et des non justiciables. De quel droit ces citoyens ne sont pas prestés et n’ont pas été servis par la justice ?», s’est insurgé le responsable au ministère de la Justice.

« Certains magistrats ont refusé que leurs collègues soient notifiés et installés dans leurs postes. Nous sommes en démocratie, nous exhortons les magistrats qui sont satisfaits de leur mutation de rejoindre leurs postes. De quel droit les magistrats se sont mis devant les portes des tribunaux pour empêcher leurs collègues d’être installés ? », a dénoncé M. Djarir.

Ce dimanche, des gendarmes antiémeute ont pénétré à l’intérieur de la Cour d’Oran, et réprimé violemment des magistrats grévistes.